Conférence de Kit Miyamoto à Port-au-Prince : L’indispensable évaluation des bâtiments avance mais doit être renforcée

c6: Actu locales/ coordination 20 mars 2010 | 0 Commentaires | Lucie Couet

L’Alliance pour la gestion des risques et la continuité des activités (AGERCA), qui émane de la société civile, a organisé le mercredi 17 mars une rencontre afin d’évaluer les causes de l’ampleur du désastre suite au tremblement de terre du 12 janvier et d’envisager les possibilités de créer de meilleures pratiques dans la construction à l’avenir. Beaucoup d’architectes et d’ingénieurs étaient présents lors de cette rencontre qui s’est déroulée au Karibe Convention Center en présence de Kit Miyamoto, de “Miyamoto International”, une firme américaine d’ingénieurs experts en évaluation des bâtiments actuellement à pied d’oeuvre en Haïti. Miyamoto International est intervenue dans différents pays après des tremblements de terre, comme en Chine en 2008 ou en Italie en 2009.

Kit Miyamoto, principal orateur de cette rencontre, avait démontré son intérêt pour travailler en Haïti après l’effondrement de l’école de Nerette. Il avait d’ailleurs participé en décembre à une rencontre sur la gestion des risques et le renforcement des bâtiments en Haïti en décembre 2009, restée sans véritable suite…

Gérard Laborde, le président de l’Agerca, a rappelé en ouverture de la rencontre le partage des responsabilités face à l’ampleur du désastre, réparties entre le manque de réaction des autorités étatiques, l’instabilité politique du pays, la démission de la société civile et l’ignorance de la population. Il a regretté le fait que la reconstruction des maisons soit malheureusement en route sans contrôle ni évaluation et que les débris soient déposés n’importe où, entrainant de nombreux risques pour l’avenir, particulièrement d’innondations.

Etendre l’évaluation

Jacques Gabriel, le Ministre des travaux publics et des télécommunications (MTPTC), a expliqué qu’un bureau d’évaluation technique des bâtiments a été mis en place au sein du Ministère des travaux publics et des télécommunications avec lequel collabore Miyamoto. Un état des lieux des dommages est actuellement en cours de réalisation. Avec l’appui de l’UNOPS (service d’appui technique et administratif des Nations unies) et des financements de la Banque Mondiale, Miyamoto a été contracté afin d’évaluer 100.000 batiments à Port-au-Prince pour le MTPTC.

200 ingénieurs nationaux ont été sélectionnés et formés au sein du ministère avec la firme Miyamoto et l’UNOPS. Répartis en 10 divisions, ils évaluent 1500 batiments par jour. En 57 jours, ils sont ainsi proches d’atteindre leur objectif d’évaluation de 100.000 bâtiments dans la zone métropolitaine. Miyamoto a salué le courage des ingénieurs haïtiens et la qualité de leur travail tout en soulignant l’absence de formation parasismique préalable de ces derniers.

Parmi les bâtiments que la firme Myamoto a expertisé jusqu’à présent, 40 % sont en bon état et  nécéssitent parfois des réparations d’ordre superficiel. Ces bâtiments sont alors “tagué” d’un insigne vert du MTPTC. 40 autres pourcent des structures évaluées ne doivent pas être démolies mais nécéssitent des réparations plus ou moins importantes d’ordre structurel afin de pouvoir à nouveau héberger des personnes sans risques. Ils sont tagués d’un sigle orange. Enfin, les bâtiments qui doivent être démolis sont tagués d’un sigle rouge. Les coordonnées géographiques de ces bâtiments sont enregistrées via un système GPS, ce qui permettra par la suite d’établir des statistiques utiles à l’avenir.

Le MTPTC travaille en coordination avec la Joint task Force (la force américaine) et l’Organisation internationale des migrations (OIM) dans l’identification des zones prioritaires à évaluer, parce qu’elles sont les plus vulnérables aux risques ou parce que leurs habitants se trouvent dans des situations très vulnérables dans des camps alors qu’ils pourraient réintégrer leurs quartiers.

Pour Miyamoto, il existe de trop nombreuses structures dangereuses qui sont malheureusement occupés. Aussi, de nombreuses maisons qui sont en bon état sont mises en danger par d’autres qui risquent de s’écrouler aux alentours. Cependant, beaucoup de bâtiments sont en bon état sans que leurs propriétaires ou locataires ne dorment à l’intérieur, parce qu’ils ont peur ou parce que la structure n’a pas été évaluée officiellement. Il est donc impératif qu’une évaluation officielle des bâtiments soit disponible au plus vite dans une plus large mesure. L’UNOPS est actuellement à la recherche de fonds pour continuer ce travail essentiel. De plus, les ingénieurs recrutés par le MTPTC n’ont pas encore été formés en démolition et déblaiement des décombres. Or, certaines démolitions peuvent s’avérer dangereuses si elles ne sont pas réalisées selon certaines normes et avec une réelle expertise.

Un autre problème se pose actuellement par rapport à la coordination de ce travail d’évaluation des bâtiments, car des organisations réalisent cette tâche sans avoir intégré le système officiel développé au sein du MTPTC. Cet état de fait est dangereux car cela peut entrainer une certaine confusion, explique Miyamoto. Les évaluations peuvent diverger d’une firme à l’autre et les “tags” de couleurs utilisés pour signifier l’état des batiments être semblables sans pour autant signifier la même chose. De plus, si certaines organisations disposent de bons ingénieurs, ce n’est hélas pas le cas de toutes.

Améliorer les pratiques et les contrôler

Miyamoto a rappelé les raisons de l’ampleur du désastre : la mauvaise qualité des matériels et de la construction, l’absence de codes de constructions, de permis de construire, de contrôle de qualité, de gestion des risques et d’ingénierie spécialisée en construction parasismique; et insisté sur la nécessité de régler tous ces problèmes si l’on ne veut pas qu’un jour la catastrophe du 12 janvier 2010 vienne à se reproduire.

Il a expliqué l’importance d’investir afin de reconstruire ou de consolider des constructions essentielles comme les batiments des autorités, les structures à même de gérer les urgences, les écoles, les hôpitaux, etc afin qu’elles ne soient pas détruites par un tremblement de terre, mais surtout qu’elles puissent rester fonctionnelles si cela arrivait.

Deux mille écoles ont été détruites par le tremblement de terre du 12 janvier. L’expert en évaluation de bâtiments a cependant relevé le fait que partout dans le monde, les écoles sont très souvent les structures les plus vulnérables face à un tremblement de terre, dû à la composition spécifique que requièrent les salles de classes (particulièrement les grandes baies pour laisser entrer la lumière). Il faut réflechir à consolider et construire les écoles en conséquence, mais selon Miyamoto, c’est une situation tout-à-fait gérable. Les bâtiments historiques sont particulièrement vulnérables et dangereux, mais ils peuvent être réparés et leur valeur patrimoniale devrait primer face aux coûts de réparations, qui peuvent s’avérer élevés.

Pour Miyamoto, il n’est pas nécéssaire de changer radicalement la façon de construire en Haïti, mais l’améliorer. Il faut former les ingénieurs et architectes haïtiens à démolir des maisons, à en réparer et en construire selon des normes parasismiques.

Il a précisé qu’il est tout-à-fait envisageable de construire des maisons en béton qui résistent à des tremblements de terre et qui ont l’avantage de protéger leurs habitants des risques liés à la saison cyclonique mieux que des maisons en bois ne peuvent le faire.

La firme évalue également les zones de liquefaction des sols et de risques de glissements de terrain. Pour Miyamoto, ces risques sont gérables, et des exemples comme la Californie, le Japon ou la Turquie en sont des exemples.

Le ministre des travaux publics et des télécommunications a expliqué à l’assemblée présente lors de cette rencontre avoir commandé la réalisation d’une carte de micro-zonage sismique, afin d’avoir une photographie multi-risque de la zone métropolitaine et savoir quels terrains conviennent à la construction et quels autres ne conviennent pas. Il faudra dès lors se doter des outils à même de faire respecter les résultats de cette étude mais également de contrôler la qualité des constructions et des réparations à venir.

Pour FOKAL, Maude Malengrez

Les leçons tirées du Tsunami

c2: Méthodologie reconstruction 19 mars 2010 | 0 Commentaires | Silvain Alagich

Les leçons tirées du Tsunami

Au delà des aspects techniques et architecturaux, les expériences passées ne cessent de rappeler à quel point les méthodologies de mise en œuvre des projets conditionnent la réussite du « relèvement » et la rapidité avec laquelle il s’effectue ; en témoignent par exemple les interventions post-tsunami, devenues une grande source d’information en la matière.

En capitalisant ces expériences, malgré des contextes très différents, les nombreuses évaluations, erreurs, « lessons learnt » et autres guides ou manuels ont considérablement servi à alimenter et enrichir les réflexions méthodologiques, en cherchant notamment à favoriser une plus grande pertinence et une meilleure pérennisation de l’aide à apporter dans ces situations particulières.

En voici quelques exemples [...]

La Croix rouge française met a disposition son expérience dans la reconstruction et la réhabilitation

c5: Ressources 17 mars 2010 | 0 Commentaires | Silvain Alagich

La Croix rouge française met a disposition son expérience dans la reconstruction et la réhabilitation

La Croix Rouge française a capitalisé son importante expérience de la reconstruction d’habitats d’urgence dans un CD.

Vous trouverez dans celui-ci une multitude d’informations, notamment sur la méthodologie d’intervention :

  • des informations relatives au domaine de la construction et à la sélection des bénéficiaires
  • des formats types en lien avec les activités de construction
  • des guides et des manuels
  • des présentations
  • des astuces, des conseils
  • des pièges à éviter

Par exemple sur le plan technique, vous trouverez dans :
-> Documentation technique -> Techniques -> Contrôles sur les bétons et sur les ouvrages

Le CdRom a gracieusement été mis à disposition de tous par la Croix Rouge. Il est consultable à l’adresse suivante:

http://www.pseau.org/outils/ouvrages/parasismique/croix-rouge-fr-construction-et-rehabilitation/

[...]

Conférence sur la gestion du risque sismique à Port-au-Prince

c6: Actu locales/ coordination 16 mars 2010 | 0 Commentaires | Lucie Couet

Mercredi 17 mars, à 4h30 pm, au Caribe Convention Center, la firme Miyamoto tiendra une conférence sur la gestion du risque sismique.

Pourquoi le séisme du 12 janvier a-t-il causé autant de dégâts?

Quelle est la meilleure façon de construire ?

La construction en terre crue, une alternative en faveur du « développement endogène »

c3: Solutions constructives 16 mars 2010 | 1 Commentaire | Silvain Alagich

La construction en terre crue, une alternative en faveur du « développement endogène »

Dans un pays où tous les matériaux manquent, il peut être intéressant de se pencher sur le seul qui existe en abondance, à savoir… la terre crue. C’est un matériau utilisé depuis des millénaires et sur tous les continents. Les techniques ancestrales et vernaculaires de construction en terre crue ont déjà fait l’objet de recherches poussées, notamment par le laboratoire CRATerre à Grenoble, qui est titulaire d’une chaire UNESCO sur la préservation des cultures constructives locales et de leur patrimoine bâti.

L’architecture de terre, encore plus dans ses adaptations modernes, possède de nombreux avantages, non seulement [...]

Extrait du « Haïti Press Network » : les Travaux Publics n’ont pas les moyens d’abattre toutes les maisons fissurées

c6: Actu locales/ coordination 9 mars 2010 | 0 Commentaires | Mati Paryski

Des nombreux immeubles et maisons privées sont graphités « A démolir » par les TPTC, mais c’est surtout pour signaler qu’ils constituent un danger, a déclaré ce jeudi matin Jacques Gabriel, ministre des Travaux publics.

Les Travaux publics ne pourront pas démolir toutes les maisons fissurées et graphitées « A démolir », c’est ce qu’a indiqué ce jeudi matin lors d’une conférence de presse le ministre des TPTC Jacques Gabriel à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), l’espace exigu sur la route de l’aéroport désormais siège du gouvernement haïtien.

“Les TPTC ne peuvent pas procéder à la démolition de tous les immeubles fissurés avec les quelques excavatrices dont nous disposons’, a fait savoir le ministre.

“Nous signalons qu’une maison privée est à démolir juste pour dire qu’elle constitue un danger pour la population, mais cela ne veut pas dire qu’on viendra démolir toutes ces maisons-la, a expliqué Jacques Gabriel.

Au centre-ville de Port-au-Prince, sur la Grand-rue, par exemple, beaucoup de bâtiments sont sévèrement lézardés et menacent de s’écrouler totalement à n’importe quel moment, constituant ainsi un grand danger pour passants et automobilistes.

L’Etat ne se lave toutefois pas les mains sur la question de la démolition, les Travaux publics s’occuperont surtout des bâtiments de l’Etat puis qu’il s’agit du domaine public, indique le ministre des TPTC.

« Mais pour les résidences privées, les maisons de commerce et autres, il faudra des concertations entre l’Etat et le privé pour procéder à leur démolition », a fait savoir Jacques Gabriel qui a plus loin pris en exemple des particuliers qui ont eux-mêmes démoli de leurs immeubles.

Par ailleurs, les projets des Travaux publics ne vont pas s’arrêter en raison du séisme, ajoute le ministre.

“Des chantiers ont été affectés, des ouvriers ont été tués au cours de la catastrophe mais les travaux ont repris depuis peu. Nos projets importants de constructions de ponts et de routes continuent d’avancer” a rassuré M. Gabriel qui a reconnu toutefois un ralentissement dans ces travaux au cours des derniers mois.

Etendue des dégâts sur 360 °

c4: Cartographie 9 mars 2010 | 0 Commentaires | Mati Paryski

Le site « immersivemedia » propose de nombreuses vidéos permettant de se faire une idée précise de l’étendue des dégâts à Port-au-Prince.

Une petite carte interactive aide aussi à visualiser différents sites à l’aide de vidéos sur 360 degrés :

http://www.immersivemedia.com/haiti/index.php?clip=Video11

Atlas des zones touchées par le séisme

c4: Cartographie 4 mars 2010 | 0 Commentaires | Lucie Couet

L’UNOSAT et UNITAR (Nations Unies) avec le concours du Joint Research Center de la Commission européenne et de la Banque mondiale publient les atlas des quartiers et villes d’Haïti touchées par le séisme sur leur site.

Ces atlas offrent une vision plus précise des quartiers endommagés en pointant les bâtiments qui ont souffert du séisme. Ils fournissent ces informations pour :

  • Delmas
  • Pétion Ville
  • Petit Goave
  • Grande Goave
  • Tabarre
  • Gressier
  • Cité Soleil
  • Jacmel
  • Carrefour
  • Léogane
  • Port-au-Prince

Pour voir les atlas, cliquez ici.

Les maisons Ti Kay O

c3: Solutions constructives 3 mars 2010 | 1 Commentaire | Mati Paryski

Malgré le séisme du 12 janvier,  les maisons « Ti Kay O » ont résisté aux secousses. Toutes les maisons « Ti Kay O » sont restées intactes.

Le modèle d’une maison « Ti Kay O » comprend une chambre à coucher, une salle de bain, une cuisine, une salle à manger, une salle d’attente et un espace a l’étage qui peut être exploité de différentes façons (2e chambres à coucher, dépôt, …). Les séparations varient selon les besoins et demandes.

Le modèle de  base couramment disponible coûte 7,500 $ US.

D’autres modèles, comme le « long dôme » sont aussi disponibles. Pour avoir une idée,

-  1 Chambre à Coucher, Salle de Bain, Salon, Salle à Manger et Cuisine : 7,500 $US.
-  1 Chambre à Coucher, Salle de Bain, Salon, Salle à Manger, Cuisine, Bureau : 8,000 $US.
-  2 Chambres à Coucher, Salle de Bain, Salon, Salle a Manger, Cuisine, Bureau : 9,500 $US.
-  3 Chambres à Coucher, Salle de Bain, Salle à Manger, Salon, Cuisine : 10,500 $US.
- …

Les possibilités d’utilisation des maisons « Ti Kay O » sont vastes. Ti Kay O peut être une maison, un dortoir, une salle de classe, un bureau, une  clinique de santé, un dépôt,…

Les photos suivantes permettent de se faire une idée :

http://www.facebook.com/photo.php?pid=544162&o=all&op=1&view=all&subj=81071421764&aid=-1&id=1344530130&oid=81071421764

Contact : Delmas 19, #8 bis (À côté de Domino’s Pizza)
E-mail : tikayohaiti@gmail.com
Tél : (509) 34-88-64-50
(509) 36-09-05-10)
ou encore 34-88-64- 50

Un projet d’atelier de maisons conteneurs à Port-au-Prince

c3: Solutions constructives 28 février 2010 | 0 Commentaires | Lucie Couet

Des maisons en conteneurs pour Haïti (MCP) est le nom d’un projet de la chanteuse haïtienne Tifane, de la fondation Maurice Sixto pour l’éducation et la culture en Haïti et d’écologues, architectes et ingénieurs québécois et mexicain. L’objectif est de créer un atelier de transformation des conteneurs en maisons afin de créer des logements viables sur place et de l’emploi.

Le détail du projet est sur le site internet http://mcphaiti.over-blog.com/

L’association recherche actuellement les premiers fonds pour lancer l’initiative, souhaitons leur bonne chance !

Voir aussi :

Le blog Objectif : Terre des hommes : www.electron-economy.org qui soutient le projet.

Le site internet de Maison IDEKIT : www.maisonidekithome.com qui participe également au projet.